Bilan et enseignements de 6 mois d’expérimentation entrepreneuriale

Conseil et accompagnement de startups

  • J’ai participé comme mentor volontaire au startup weekend Free Startup Project, qui a eu lieu en Avril 2015 à l’École 42. J’ai eu le plaisir d’accompagner en finale 2 des 3 projets que j’ai conseillé: Voy’agir et Smilway (anciennement connu sous le nom de Metropoly). Ils ne me doivent clairement pas leur réussite, mais je suis parti persuadé que mes conseils sur le MVP à réaliser, les taches à prioriser, et leur pitch étaient pertinents, et qu’ils ont eu leur effet sur le classement de la compétition.
  • Je me suis inscrit dans de nombreuses communautés liées à l’entraide et l’entrepreneuriat, dont 1stdev (où je me suis présenté comme coach de jeunes développeurs souhaitant devenir CTO d’une startup) et 1cupexpert (qui m’a permis de conseiller des jeunes entrepreneurs). Outre l’agréable sentiment d’être utile aux autres, et de faire de belles rencontres, ces opérations m’ont aussi donné une visibilité et une crédibilité importante en tant que conseiller stratégique en startup. Même si ces contacts n’auront abouti à aucune monétisation à ce stade, j’ai eu le plaisir d’apprendre récemment qu’un des projets s’est fortement développé grâce à mes conseils en communication externe.
  • Ayant initialement prévu d’y rencontrer des développeurs en mal de coaching, je me suis finalement présenté au SeedNetworking de Devvox en tant que développeur, vu leur étonnant sous-nombre. Ça m’aura tout de même permis de repartir en ayant gagné un client à qui j’ai proposé une prestation de développement freelance, une petite dizaine de prospects qui avaient plutôt besoin de conseils stratégiques que d’un développeur (à mon sens), ainsi que deux étudiants en informatique présentés par Romain Dausset car en recherche d’un apprentissage en startup. J’aurai au final évalué techniquement un de ces deux jeunes, dans l’espoir de leur présenter une des startups avec qui j’étais en contact, et de les y accompagner comme coach technique.
  • J’ai aussi accompagné deux startups: Talebot (ex-Discuthing), et Ayni. La première était une collaboration un peu folle entre un architecte (oui, de ceux qui construisent des maisons) et deux graphistes, mais sans développeur. La deuxième équipe, quant à elle, était déjà dotée d’un fondateur charismatique, de deux jeunes développeurs, d’une designer, et ils avaient déjà gagné un hackathon avec leur premier MVP. Séduit par la finalité de leur projet, et par le mérite de leur équipe, j’ai étendu mon accompagnement d’Ayni à plusieurs semaines supplémentaires, le temps de notre participation au hackathon Hack4Europe. Et c’était une bonne intuition car nous avons remporté le lot de HP: une semaine dans la Silicon Valley pour leur rendre visite !
Remise du prix à l’équipe Ayni. Je n’ai malheureusement pas pu me joindre à eux ce soir là.

Formation

  • J’ai d’abord expérimenté une formule d’accompagnement d’étudiants en informatique désireux de devenir CTO (responsible technique) d’une startup. Suite à ma rencontre avec Michel Sasson et Romain Lods à l’Anti-incubateur d’Epitech, j’y ai donné une présentation intitulée: “Devenir CTO d’une startup, éviter les erreurs de débutants”. Cette présentation m’a permis de rencontrer des étudiants intéressés par un stage en startup, et de les évaluer en suivant ma propre méthode conçue spécialement pour ma formule d’accompagnement. Cependant, suite à l’évaluation de 3 étudiants (sur les 6 repérés), et malgré les retours encourageants de mes pairs, cette démarche ne m’aura pas permis d’atteindre mon objectif: placer un étudiant en startup, et me faire payer par la startup pour l’accompagner techniquement dans cette expérience.
  • Par la suite, une opportunité importante est tombée à pic ! En effet, je vais enseigner la programmation aux 3 classes de 1ère année (post-bac) de l’EEMI (la première école co-fondée par Xavier Niel), de Novembre à Juin prochain. L’enseignement étant un de mes objectifs professionnels depuis le début de mes études, je suis heureux d’avoir obtenu la confiance de cette école pour cette première expérience. Enseigner la programmation à de jeunes étudiants est un défi qui me pousse à donner le meilleur de moi-même pour proposer une formule pédagogique à la fois efficace, et si possible intéressante pour la majorité de mes élèves. Ça va être aussi pour moi l’opportunité de sensibiliser les étudiants aux aptitudes primordiales pour travailler efficacement au sein d’une équipe de production logicielle (cf mes critères d’évaluation). Et, accessoirement, de repérer des étudiants développeurs à fort potentiel qui souhaiteraient devenir CTO de startup.
EEMI: l’École Européenne des Métiers de l’Internet, où je vais donner des cours à partir de Novembre prochain

Développement logiciel

Capture d’écran de l’outil que j’ai développé pour Deepki
  • Lors de la première mission, j’ai réalisé un tableau de bord web pour Deepki permettant à leurs visiteurs d’uploader des relevés énergétiques pour obtenir des graphiques et des recommandations personnalisées liées à leur infrastructure leurs patterns de consommation. Au delà du fait qu’un des co-fondateurs de Deepki est un ami, et que je trouve cette startup réellement prometteuse, cette mission était parfaite pour moi: réalisation d’une application web full-stack sans code existant, utilisation de Node.js et Mongodb (ma stack de prédilection), maintenance et amélioration de l’outil prise en charge par le client, et je ne suis même essayé à la formation d’un développeur junior. C’est d’ailleurs cette expérience de formation qui m’aura donné l’idée d’expérimenter une formule d’accompagnement d’étudiants souhaitant devenir CTO de startup.
  • Pour ce même client, ma deuxième mission a été plus courte mais pas moins intéressante, car elle m’a donné l’occasion de travailler à nouveau sur un problème de parsing de fichiers PDF, et a motivé la publication d’un module réutilisable à cette fin sur NPM.
  • Enfin, j’ai apporté mon aide à la startup FreelanceRepubliK, à la fois pour avancer sur leurs taches de développement Node.js/Angular.js, mais aussi pour améliorer l’agilité et l’efficacité de leurs méthodes de travail en équipe.
  • Suite à la recommandation d’Adrien Friggeri (rencontré lors d’une formation doctorale en entrepreneuriat), j’ai candidaté à un poste de Data Scientist chez Facebook à Menlo Park. Sachant que je me trouvais un peu rouillé sur mes compétences en data science, j’en ai profité pour me former aux différentes techniques de Machine Learning (grâce à l’excellent cours d’Andrew Ng sur Coursera), ainsi qu’à l’exploration de données à l’aide du langage R (grâce à ces cours, également sur Coursera). Ma candidature n’aura au final pas été retenue, mais je suis heureux d’avoir tant appris, et surtout d’avoir atteint l’étape d’évaluation finale, pour laquelle Facebook m’a fait venir à Menlo Park et suivre 6 entretiens d’affilée dans leurs nouveaux locaux. Vu la fatigue et le stress occasionnés par ce rythme effréné, je ne suis pas pressé de remettre ça, mais c’était une expérience extraordinaire !
  • En termes de découvertes, et suite à mes discussions avec Ronan Amicel et Yannick François, je me suis essayé à une nouvelle expérience: participer à un Dojo de développement. Au final, l’expérience aura été triplement enrichissante grâce à l’aide patiente et bienveillante des autres participants: j’ai été amené à coder en Haskell pour la 1ère fois de ma vie, en co-résolvant un problème en TDD à raison de 5 minutes de clavier par participant (c’est ce qu’on appelle un Randori), et le tout en utilisant l’éditeur vi (que j’étais heureux de ne plus avoir à utiliser depuis mes premières années d’études en informatique, en 2001).
  • Il me restait au final peu de temps pour développer des side-projects. J’ai toutefois investi un peu de temps pour investiguer quelques hypothèses techniques telles que: la transformation de PlayemJS en composant React.js, et l’étude de faisabilité d’une application mobile en Meteor.js qui pourrait fonctionner hors-ligne (work in progress).
Copie d’écran de mon site adrienjoly.com listant les prestations que je propose.
  • Mon skill-set est à la fois trop large (programmation full-stack + data science), et trop spécifique (Node.js + Mongodb + vanilla Javascript) pour avoir beaucoup de choix de missions auxquelles je peux répondre de manière efficace. En particulier dans le monde des startups.
  • J’ai trouvé trop peu de missions de développement back-end basées sur Node.js. En revanche, énormément de clients cherchent désespérément des développeurs front-end. Mon analyse est que la mode des Single Page Apps a causé la raréfaction des profils capables de travailler sur le front-end d’applications web. En effet, savoir intégrer un design en HTML+CSS (même saupoudré de jQuery) ne suffit plus aux projets web modernes. Par conséquent, les nombreux designers et graphistes qui ont acquis ces compétences ne sont plus en mesure de répondre aux besoins front-end actuels, car ceux-ci nécessitent une connaissance approfondie de la programmation en Javascript et des frameworks tels que AngularJS ou React.
  • En plus de cette demande croissante de développeurs front-end, les startups sont demandeuses de profils étant à la fois capables d’intégrer le front-end de leur application web, mais aussi de le faire évoluer dans le temps en fonction de performances mesurées en termes d’expérience utilisateur: analytics, funnel d’acquisition/rétention d’utilisateurs, et A/B testing.
[spoiler] En pleine répétition de ma présentation sur la réalisation d’un MVP de startup.
  • marketplaces (“Airbnb for X”),
  • apps de services à la demande(“Uber for X”),
  • apps de curation (“Pinterest for X”)
  • apps/sites d’e-commerce (boutique),
  • et services de communication (forums, chats, communautés d’intérêt…).

Développement personnel

  • Je vais tâcher de moins m’éparpiller professionnellement, afin de consacrer plus de temps à Camille, à mes proches, et à des loisirs et activités plus “normales”. (Et aussi, afin d’être plus concentré et efficace sur mes prochains engagements professionnels.)
  • Camille et moi avons décidé d’aller vivre deux mois dans une ville d’asie du sud-est, pour y travailler mais aussi se dépayser. Réussir à gagner notre vie depuis un lieu où on ne connait personne est un défi excitant pour nous deux !
Décollage dans à peine d’une d’un mois pour une ville d’asie. Il ne reste plus qu’à choisir laquelle !

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Adrien Joly

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